Archive | juillet, 2020

THE SONG OF MY LIFE VOL 489 : Francis Bebey – Immigration Amoureuse

21 Juil

VINYL RECORD OF MY LIFE VOL 137 : Laika ‎– Sounds Of The Satellites (1997/Too Pure)

21 Juil
A l’aise nulle part sur terre, Laïka s’est réfugié sur son satellite pour y faire des sons. Un deuxième album, le justement titré Sounds of the satellites, révèle un groupe compliqué qui a enfin décidé de séduire.
L’insolence avec laquelle certains groupes américains venus de nulle part ont réussi à assimiler trente ans de trouvailles pop ou rock a de quoi surprendre. Tortoise, UI, Him, Rome et quelques collègues de recherche ont réussi ce que personne n’avait jamais fait : se servir de mélanges à haute proportion d’hélium pour se poser au sommet des charts indépendants. Or, s’il est un pays dans lequel existe une authentique tradition pour les mixtures soniques de toutes couleurs, c’est bien l’Angleterre. Dès le début des années 80, des groupes comme PIL, les Slits ou les Raincoats mélangeaient allégrement les rythmes krautrock de la décennie précédente avec des sons empruntés au dub. Rallumant un flambeau en voie d’extinction, d’autres comme Bark Psychosis ou Disco Inferno firent à nouveau avancer les idées dans la pop, en y incluant le sampling, la jungle ou la techno. Victimes d’un mépris généralisé, tous ces groupes se sont étiolés les uns après les autres. Seul survivant à l’hécatombe ayant suivi ce mini-âge d’or, Moonshake ­ dont est issu Laïka ­ avait avant tout le monde réussi à inclure tous ces éléments dans un cadre pop, métallique et puissant. Perdue dans le métal, on découvrait alors Margaret Fiedler, son sourire en coin et ses tremblements de voix. Elle était l’indispensable pourvoyeuse en humanité d’un enfer surpeuplé par les chocs physiques et les séries télé, la parcelle de beauté qui permettait de supporter les grosses colères de Dave Callaghan, avec qui elle chantait. Levant les yeux du micro, elle aperçoit un jour Guy Fixsen, l’ingénieur du son en vogue appelé au secours du rugueux Eva Luna. Encore un petit bout de chemin avec Moonshake et tous deux décident d’aller voir si on peut faire une plus belle musique ailleurs. Ils fondent Laïka en compagnie de deux autres musiciens aux très larges épaules. Guy Fixsen explique : « Pour avoir travaillé avec de nombreux groupes ­ dont My Bloody Valentine ­, j’ai remarqué que les démocraties fonctionnaient mal dans la pop-music. Toutes les compositions de Laïka sont signées par Margaret et moi, et nous avons toujours encouragé nos collaborateurs à avoir des projets annexes. Ainsi, Rob Ellis ­ l’ancien bassiste de PJ Harvey ­ a sorti un album sous le nom de Spleen et Lou Ciccotelli, notre percussionniste, travaille toujours avec les jazzmen de l’Apocalypse God en plus d’être le patron du label Eardrum. » En quittant Moonshake, Margaret Fiedler n’a pas réussi à partir avec la caisse ­ le nom du groupe, emprunté à Can. Dommage, car elle est désormais la seule à faire fructifier l’héritage krautrock du groupe, tout l’univers de Laïka étant basé sur celui du Can période Future days. Même fluidité, même utilisation des percussions. Avec en plus cet esprit très anglais de fusion entre les styles qui a poussé Laïka à recycler guitares funky et jazz, rythmes baggy, hip-hop, jungle et énormes basses dub. En clair, absolument tout ce qui pouvait les faire arriver à leurs fins : créer de l’espace. Parti dans l’espace sans la moindre carte d’état-major, leur premier album Silver apples of the moon, sorti en 1993, n’est pas une réussite complète. Les tympans se prennent des avalanches de rythmes caféinés, beaucoup d’éclaboussures vocales aussi. Ce disque mené à un train d’enfer passe trop vite pour que les yeux puissent le suivre, offre une vision de la ville et de son stress qui n’a rien de vraiment rassurant. « C’était la première fois que je rejoignais un groupe en tant que compositeur, raconte Guy Fixsen. J’avais énormément à me prouver. C’est ainsi que notre premier album est un disque tendu et dense, où les idées se sont noyées. Il y avait trop de sons différents, nous avions créé un univers difficile à transposer sur scène. Margaret et moi avons alors décidé que le deuxième album serait plus espacé, que celui-ci disperserait moins l’oreille, serait plus accueillant, plus long aussi. Les impressions que nous voulions rendre à l’aide de notre musique ont également changé. Si Silver apples… était une sorte d’étude de notre milieu naturel ­ la ville ­, Sounds of the satellites suinte d’une envie certaine d’aller voir ailleurs. Nous ne faisons pas une musique d’évasion mais nous sommes nets sur ce point : la campagne, ça nous gagne. » Mais ce qui rend la musique de Laïka si peu localisable ­ notamment à cause de cet incroyable fatras d’influences partout ailleurs contradictoires ­ est à chercher dans le CV même de Margaret Fiedler : « Je suis née aux USA puis j’ai quitté mon pays au milieu des années 80. Arrivée en Angleterre, je me suis rendu compte que ce pays ne me convenait pas non plus. Lorsque j’ai revu les Etats-Unis au moment de la première tournée de Laïka, je n’ai pas reconnu le pays d’où je venais. Tout avait changé, je ne comprenais plus rien. » Elle s’est alors réfugiée dans l’espace. Pour séduire, Margaret Fiedler a cessé de regarder le bout de ses doigts qui tremblent. Sa voix humide sonne maintenant comme celle de Martina ­ la muse de Tricky ­ avec dix ans de plus, le charme d’une maturité et d’une expérience pleinement assumées. « On retrouve ces sentiments de déracinement dans le disque. Bien sûr, il y a toujours un grand nombre de choses que j’aime aux Etats-Unis. Il y a cette impression d’espace dans tous les sens du terme. De l’espace pour faire ce qu’on veut, pour le meilleur et pour le pire. Et puis conduire toute une journée à travers la prairie, c’est quand même fabuleux. Les cieux sont très différents là-bas… J’ai mis tous ces sentiments contradictoires dans Sounds of the satellites. » L’autre clé de l’univers de Laïka tient dans la méthode de composition. Car Laïka, c’est du cousu main, du fait maison. Guy Fixsen : « Margaret enregistre ses parties vocales dans son bain. Récemment, elle a encore trouvé un autre truc : elle empile des coussins contre un mur et s’installe la tête en bas. Elle ferait absolument tout pour se relaxer quand elle chante. » Au-delà des simples arrangements pratiques, enregistrer chez soi (« tout sauf la batterie, à cause des voisins », glisse Margaret Fiedler) permet aussi de satisfaire certaines tendances paranoïaques du groupe : fréquenter toutes les musiques sans avoir à frayer avec les musiciens. « Notre collection de disques est énorme. Nous avons toujours passé plus de temps à écouter la musique des autres qu’à composer. Nous nous tenons très au courant des nouveautés. Ainsi, tout le courant jungle et, plus récemment, Tricky nous ont beaucoup influencés. » « Nous avons été comparés à Prodigy et Underworld parce qu’eux aussi mélangent pop, rock et électronique. Ces gens-là ne créent rien, c’est de l’easy-listening, une musique de mecs. C’est quand même curieux que leur musique faite pour danser soit si peu dansante. Je n’aime pas les boum-boum de la house. C’est bien pour sauter en l’air mais pas pour danser. Laïka est pour moi beaucoup plus dansant que n’importe lequel de ces groupes », conclut Margaret Fiedler. Outre les références évidentes à Can, Bedbugs emmène le One love des Stone Roses dans le bayou et on retrouve aussi diverses intrusions dans les terres de Tricky, tel Prairie dog qui ouvre l’album. L’album est ainsi constellé de petits bruits parasites qui ajoutent au charme. Percussions, marimbas, basses dub et autres rythmes jungle sont ici considérablement ralentis et saturés de douceur et d’humidité. Sachant que Laïka n’a que peu de respect pour les formats pop classiques couplet/refrain, la linéarité des titres est trompée par de petites surprises qui arrivent le plus souvent à mi-parcours. Au cours de Breather, la voix se dédouble pour une soudaine poussée mélodique ; plus loin, c’est un brusque changement de rythme qui fait perdre Almost sleeping dans les tourbillons et les échos. Enfin, c’est la brusque intrusion d’une guitare saturée dans Poor gal qui ­ troublant le calme relatif du disque ­ réussit presque à faire peur. Vibraphones et flûtes sont également venus fleurir les compositions. Ceux-ci jouent le rôle d’exhausteurs d’ambiance, de petits détails qui font qu’on se croit vraiment ailleurs. Ce faisant, Laïka explore les strates supérieures de l’expérimentation sonore, mais Guy Fixsen sait garder ses distances et ménager l’auditeur. « J’aime énormément les mélanges musicaux, mais je n’aime pas faire ce genre de choses gratuitement : la plupart des musiques expérimentales m’ennuient. Ces gens me font penser à des cuisiniers qui essaieraient de mélanger du chocolat et du fromage sans pour autant se soucier du goût que ça pourrait avoir. » Terminant l’album après quinze minutes de silence complet, on entend un historique de Laïka (la chienne de l’espace) récupéré sur un 33t d’époque. Arrivé en fin de face, le vinyle se perd dans des boucles et des craquements : l’essence de cette musique. Merci à Laïka pour ce Sounds of the satellites, premier du concours Lépine pop 97 et acte de naissance du printemps. (les inrocks)

VINYL RECORD OF MY LIFE VOL 136 : Turn On ‎– Turn On (1997/Duophonic)

20 Juil
Perhaps the most intriguing of these projects, though, was Turn On, which teamed Gane and Ramsay with sometime Stereolab member Sean O’Hagan. On their self-titled mini-album, they sound like kids let loose in a rusted-out electronics studio; drum machines patter and collide, dirtied funk rhythms emerge from a primordial pool of bubbling electronica, and witchy melodies wind their way around chord changes that are pure Piccioni. Sadier’s guest appearance on ‘Ru Tenone’ is the highlight, her bubblegum chorus fitting the playful vibe perfectly.

THE SONG OF MY LIFE VOL 488 : Moonshake – City Poison

20 Juil

ALICE GUY BLACHÉ

19 Juil
Enfant illégitime et métisse, Alice Guy partage son enfance entre le Chili, la Suisse et la France, où elle est placée dans un couvent. A Paris, elle devient l’assistante de Léon Gaumont, se rend rapidement indispensable et est nommée, à 22 ans, directrice des studios Gaumont, un statut unique dans l’histoire naissante de l’industrie du cinéma.
En 1907, après avoir réalisé des centaines de films, Alice quitte la France pour les Etats-Unis avec son jeune époux, Herbert Blaché. Quatre ans plus tard, elle est mère de deux enfants et la réalisatrice et la productrice la plus riche du pays. La presse américaine, fascinée par cette self made woman, en fait une star.
Mais, derrière la success story, la vie d’Alice Guy ressemble à un mélodrame. Herbert, envieux de la réussite de sa femme, la trompe impunément et gère ses affaires au contraire de ses inclinations, la contraignant à rejoindre les trusts alors qu’elle veut se consacrer au cinéma indépendant, puis à déménager à Hollywood. C’est l’escalade : en 1920, après une violente dispute, Alice tire sur Herbert avant de retourner l’arme contre elle.
Son mari et la machine hollywoodienne finiront par avoir raison d’elle : an 1922, elle reprend seule avec ses deux enfants le bateau pour la France.
Jackie Buet, autre biographe, donne son avis sur le sujet : « Je suis très suspicieuse du milieu cinématographique français à l’égard des femmes. Car comme on a oublié Alice Guy, on a oublié Germaine Dulac et beaucoup d’autres. Je pense qu’il y a aussi un vrai problème de machisme derrière cette cécité. »

VINYL RECORD OF MY LIFE VOL 135 : Le Kene Star De Sikasso ‎– Hodi Hu Yenyan (en 1977 chez Mali Kunkan et réédition en 2014 chez les bataves de Kindred Spirits)

17 Juil

VINYL RECORD OF MY LIFE VOL 134 : ‎François De Roubaix ‎– Les Caïds (en 1972 chez Polydor)

17 Juil

Jean-Claude Brisseau un cinéaste de cœur de Mr Persévérance

16 Juil

2 albums de cœur qui tournent en boucles sur ma platine ces jours çi

16 Juil

VINYL RECORD OF MY LIFE VOL 133 : ‎Bark Psychosis ‎– Independency (1er edition en 1994 en cd chez 3rd stone et reedition en vinyle en 2019 chez Hidden Art)

16 Juil