The Manyfingers – The Spectacular Nowhere (MIND TRAVELS/2015)

14 Avr

imageIci d’ailleurs est heureux de vous présenter le troisième volet de la collection Mind Travels. Nouvelle escale, avec The Spectacular Nowhere de Manyfingers. Destination « nulle part » donc, mais pas n’importe lequel. Ce serait mal connaître Chris Cole, tête pensante de ce one-man band pour qui l’inconnu est par définition le meilleur des terrains d’exploration.

Habitué du label depuis de nombreuses années, Chris Cole est en effet déjà venu poser sa patte sur plusieurs albums de Matt Elliott (pour ensuite l’accompagner sur scène lors de ses premières tournées) ainsi que sur The Dark de The Third Eye Foundation et officie au poste de batteur au sein du all-star band Numbers Not Names dont le premier opus What’s The Price ? fut l’un des disques de hip-hop marquants de 2012.

Plus de 10 ans après ses premiers travaux (Our Worn Shadow entre autres, paru sur Acuarela) sous le nom de Manyfingers, Chris Cole revient aujourd’hui avec The Spectacular Nowhere, avec lequel il confirme son statut de compositeur atypique, capable de marier très naturellement les références et les genres, pour obtenir une œuvre parfaitement singulière, entre dynamisme pop, lyrisme classique et démarche expérimentale. Un mélange savamment orchestré, conséquence de plusieurs années de travail acharné, pour un album peaufiné à l’extrême.

Accessible tout en proposant une écriture remarquablement exigeante, ce disque, et c’est là sa force première, est une véritable porte d’entrée vers des genres parfois méconnus du grand public. Car The Spectacular Nowhere est issu de l’esprit d’un mélomane éclairé et fait écho aux compositions de Philip Glass, Steve Reich ou Moondog (« Ode To Louis Hardin », un hommage avoué au viking de la 6ème avenue) mais renvoie également à un registre plus pop (on pense par exemple à Hood et Portishead). Une œuvre dont la tension augmente progressivement, édifiant un univers ambigu où les drones fantomatiques côtoient les mélodies les plus pures, le tout irradié par des incursions parfois plus bruitistes, pour confronter l’auditeur à ses craintes : la peur de la solitude, la victoire de la médiocrité, les angoisses du quotidien… Mais si l’album se veut sombre et mélancolique, il ne manque pas d’offrir des moments plus lumineux, moins anxiogènes, comme pour apporter ses propres réponses aux traumas qu’il dépeint.

Et s’il s’agit là d’un disque éminemment personnel, il séduit également lorsqu’il accueille les voix de David Callahan (Moonshake, Wolfhounds), également auteur des textes et Ida Alfstad, dont les interventions poussent The Spectacular Nowhere dans ses derniers retranchements. Un album hors-catégorie, de ceux qui possèdent multiples niveaux de lecture, entre réflexion, défrichage, et pur plaisir d’écoute. (Ici D’ailleurs)

 

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